Ventiseri : les légumes de la cantine pousseront tout près de l'assiette


La commune veut approvisionner le restaurant scolaire de Travu grâce à un maraîcher recruté dans le cadre du projet alimentaire territorial. Une démarche accompagnée d'une formation des équipes, avec l'objectif de développer le fait maison sans augmenter le prix des repas.

Article Corse-Matin du 09 octobre 2026 par Paul-Mathieu Santucci


La cantine scolaire de Ventiseri pourra bénéficier de fruits et de légumes 100 % locaux.
Du maraîcher au restaurant scolaire de Travu, la commune de Ventiseri veut raccourcir le chemin des légumes.

Dans le cadre du projet alimentaire territorial, elle entend organiser un approvisionnement de proximité pour les repas des élèves, mais aussi ceux distribués aux personnes âgées. " On a recruté un maraîcher dans un premier temps, qui a commencé à cultiver ", explique le maire, François Tiberi.

L'objectif est de lui confier, à terme, l'approvisionnement en légumes de la cantine.
 

Le cap du fait maison

" On aura un circuit court entre le maraîcher et la cantine. C'est l'objet même du plan alimentaire territorial ", poursuit l'élu. Si la production dépasse les besoins du restaurant scolaire, le maraîcher pourra également vendre ses surplus à d'autres clients. Les premières cultures ont toutefois connu un contretemps : des sangliers ont pénétré dans la parcelle, malgré une clôture enterrée, les marcassins parvenant à se faufiler dans les mailles.

Cette volonté de rapprocher production et consommation s'inscrit dans une démarche portée par la commune et la communauté de communes Fium'Orbu Castellu. Après le travail engagé en 2025 pour réduire le gaspillage alimentaire, une nouvelle étape concerne désormais les produits utilisés et leur préparation.

Du 15 au 17 juillet, l'équipe du restaurant scolaire avait bénéficié de trois jours de formation avec la SCIC Nourrir l'avenir et le collectif Les Pieds dans le plat. Ateliers techniques et apports en diététique ont permis d'aborder la cuisine, la nutrition, mais aussi les liens entre alimentation, agriculture, santé et environnement. Une semaine d'immersion est prévue en octobre pour poursuivre cet accompagnement au quotidien.

Le cap annoncé est celui d'une restauration entièrement "maison", privilégiant les produits biologiques et locaux.

Il s'agit aussi de faciliter les approvisionnements, de maîtriser les coûts et de sensibiliser les convives à cette évolution. À la cantine, environ 80 repas sont attendus chaque jour, indique François Tiberi. La commune assure également un service de portage auprès de 25 à 30 personnes âgées. Avec les enfants du centre multi-accueil, ces di􀀃érents publics doivent bénéficier des avancées de la démarche dès cette année scolaire.

Reste une question pour les familles : ce choix du local se retrouvera-t-il sur la facture ? Le maire assure que cette évolution ne fera pas augmenter le prix des repas. " Non, ça ne va pas augmenter, au contraire ", affirme-t-il.

L'ambition sera donc de tenir ensemble la qualité des assiettes, la proximité des approvisionnements et le maintien d'un tarif accessible.