En immersion dans l'atelier de corse d'Un soffiu di lingua


Corse Matin du 10 novembre 2017 par Isabelle Volpajola


Mercredi 17h45. Dans la salle de la bibliothèque de l'école de Travu, ils sont une dizaine autour de la table. C'est leur troisième rendez vous dans l'atelier de langue couvert le mois dernier par la jeune associu Un soffiu di lingua. Tous sont débutants. Tous sont volontaires. Et tous semblent vraiment motivés. Entre Jade, la benjamine du groupe et Denise, la doyenne, il n'y a pas loin de 80 ans d'écart. toutes les deux veulent apprendre à parler le corse, comme Patricia, Séverine, Christel, Serge, Bastien, Véronique, Natacha et Nathalie. Certains se connaissaient avant, certaines ont m^me franchi le pas ensemble, d'autres ont trouvé le courage de retourner à l'école. Le curage aussi de vaincre leur timidité, leur appréhension, leurs blocages.
 
Au terme de leurs premières séances de cours, les voilà déjà un peu plus à l'aise. Il faut dire que leur formateur, Ange-François Luzi, les pousse à se lâcher. Enseignant bilingue, il maîtrise parfaitement la technique d'apprentissage. Même si cette fois-ci son public est un peu différent, les fondamentaux restent les mêmes. Des règles de base, des exercices et de l'oralité. Les élèves sont studieux et l'ambiance sympathique. On rit beaucoup, mais jamais des autres. On apprend les différentes façons de prononcer. On maîtrise déjà e cambiarine. On conjugue au présent les verbes esse et avè. En début de séquence, chacun lit à tour de rôle et à voix haute un travail préparé à la maison. Ognumu dà u so nome, a so casata, a so età, u so indirizzu. On se corrige mutuellement.

 

On passe ensuite à l'écrit. Un petit exercice pour mettre les articles u, a, i, e, l' devant une liste de noms ou pour compléter des phrases en tenant compte du genre et du nombre. Le cours s'achèvera par une partie de quina qui permettra de se familiariser avec les chiffres. A la sortie de la séance, chacun expliquera ses motivations. Elles sont pour tous sensiblement les mêmes : apprendre à maîtriser la langue de l'endroit où l'on vit, depuis deux, dix, vingt-cinq ou cinquante ans.
 
Ange-François Luzi est ravi. Une vingtaine de personnes sont inscrites à ces ateliers de langue en immersion. "Nous avons constitué deux groupes, un pour les débutants et un pour ceux qui maîtrisent déjà un peu la langue mais qui veulent se perfectionner à l'oral ou à l'écrit", précise-t-il. "Nous pensions qu'il y avait un besoin et nous nous rendons compte qu'il était bien réel. Je suis aussi très satisfait de l'ambiance qui règne". Les élèves aussi visiblement.







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